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Le président Etienne Tshisekedi a assisté vendredi 22 juin 2012, à une messe de soutien aux populations de l’est, victimes des combats opposant depuis mai l’armée à des mutins issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Ces violences ont fait 200 000 déplacés, et 20 000 réfugiés au Rwanda et Ouganda voisins.
Cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa.
Tout est calme en ce milieu d’après-midi mais, peu avant 17h, tout s’accélère sur l’artère qui longe l’édifice. Venues en voiture, en bus, en taxi-moto ou à pied, quelques centaines de personnes se massent. Certaines bloquent la circulation pour laisser passer un convoi : dans l’une des jeeps se trouve Etienne Tshisekedi.
Le président a assisté, avec son épouse, à une messe de soutien aux populations de l’est, victimes des combats opposant, depuis mai dernier, l’armée congolaise (FARDC) aux mutins issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), lesquels ont fait 200 000 déplacés et 20 000 réfugiés au Rwanda et Ouganda voisins. Le visage invariablement grave, le président « Tshitshi » n’a fait aucune déclaration après l’homélie organisée sur demande de l’UDPS et de ses alliés.
Retrouvailles avec les combattants
Depuis la proclamation frauduleuse ds élections, cette apparition est symbolique. En effet, un important dispositif policier continue a empêcher les déplacements du président – qui est resté cantonné dans sa résidence du quartier de Limete. Dans le même temps, ceux qui voulaient manifester pour contester les scrutins étaient aussitôt dispersés ou réprimés par les forces de l’ordre.
Depuis lors, en de rares moments d'allègement du dispositif policier, le président Etienne Tshisekedi a notamment pu se rendre à un enterrement et à un déjeuner chez l’ambassadeur d’Allemagne. Mais, jusque-là, aucune sortie publique. Celle de ce vendredi à la cathédrale fait donc office de retrouvailles entre le leader de l’UDPS et les nombreux combattants son fief de la capitale.
Une foule de combattants à la sortie de la messe
Les retrouvailles ont été chaleureuses. La foule, pressée contre la jeep qui le transportait a d’ailleurs donné du fil à retordre à la dizaine de policiers qui l’escortait. Quant aux cadres de l’UDPS et leaders de partis qui prévoyaient une haie d’honneur, ils ont dû renoncer.
Quand finalement le Sphinx de Limete, costume sombre, chemise blanche, cravate bleue et bérét blanc rayé, est sorti, il a trouvé des fans le saluant avec le « V » de la victoire. Il leur a répondu par le même signe. « Tshisekedi chef de l’Etat ! », « Tshisekedi président ! », « Victoire ! » ont crié ou chanté les militants – jeunes et moins jeunes, hommes et femmes – sur le parvis ou dans la cathédrale. « Le peuple d’abord ! », se sont exclamés d’autres, reprenant le slogan de sa campagne.
Puis c'est l'heure du recueillement. « Il n'y a pas la paix à l'est (...) Il y a une succession de batailles (...) Que le Seigneur apporte à notre peuple la paix », a déclaré l'abbé Jean-Pierre Luanga dans son homélie. Lors des chants religieux, on pouvait apercevoir Etienne Tshisekedi bouger presque imperceptiblement les lèvres. Au terme de la messe, il a quitté la cathédrale main dans la main avec son épouse. Et sous les des combattants.
Rfi et udps.org
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