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Société]
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Projet de Société
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LA NOUVELLE SOCIÉTÉ
HOMMAGE AUX VAILLANTS FONDATEURS DE L' UDPS
Vaillants combattants,
Par votre action au parlement, par votre lettre ouverte et par la
création de L' UDPS, vous avez tourné la page de la
honte et de l' humiliation imposée au peuple congolais depuis 1965.
Unanime, le peuple congolais ne peut que rendre hommage au courage politique
et au sens du patriotisme dont vous avez fait preuve.
Votre combat, de l' intérieur, pour la défence du peuple
congolais, victime de l' oppression politique et de l' exploitation
économique, a levé le défi du dictateur qui
prétendait que l' opposition ne se manifesterait jamais à
l' intérieur du territoire national.
Symboles vivants de la lutte de notre peuple, votre mérite
exceptionnel est d'être devenus la conscience de tout un peuple,
d' avoir dit si bien et à haute voix ce que beaucoup murmuraient
tout bas, d' avoir sorti le pays d' une longue nuit politique. C' est enfin
de nous avoir donné une belle leçon de courage, de
dignité et de grandeur d' âme.
Nous ne manquerons pas de garder le souvenir de votre courage politique,
de votre grandeur d' âme, ainsi que de l' injustice et de la violence
qui vous ont été faites.
Vous avez enduré des souffrances morales et physiques, vous
avez sacrifié vos biens et vos familles pour sauver votre peuple.
Mais ces sacrifices ne sont-ils pas à la hauteur de la noble
cause que vous avez choisie de défendre?
Vaillants combattants, devenus les dépositaires des aspirations
du peuple congolais, vous entrez dans l' histoire par la grande porte.
Tenez bon, L' UDPS vaincra !
TITRE I: L' IDEOLOGIE
LE PARTI
L' Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS) est
un parti démocratique et national. À ce titre, elle est
ouverte aux citoyens de toutes les catégories sociales,
sans distinction de sexe, de croyance ou de tribu.
LA NON-VIOLENCE
Partisane de la non-violence, l' UDPS proclame sa foi dans la
déclaration universelle des droits de l' homme qu' elle s' engage
à appliquer, à promouvoir et à défendre par
tous les moyens.
LA TOLÉRANCE
L' UDPS entend engager ses membres à militer pour un concensus
dicté par la nécessité d' une coexistence pacifique
entre les différentes formations politiques quelles que soient leurs
idéologies, en vue de promouvoir les règles du jeu
démocratique.
LE PRAGMATISME
L' UDPS s' oppose au dogmatisme et, par conséquent, à
la politique du tout ou rien. Elle entend concilier les principes qui sont
les siens avec les données politiques objectives.
LA DÉMOCRATIE
L' UDPS proclame sa foi et sa fidélité dans la
démocratie et s' engage à la défendre et à
l' appliquer dans tous les domaines économique, politique, social
et culturel. Elle considère que le dialogue et la tolérance
sont les attributs indispensables de l' exercice de cette démocratie.
Sur le plan politique, l' UDPS engage ses militants à soutenir et
à défendre une démocratie pluraliste afin de
promouvoir des structures favorables à l' épanouissement
de l' Homme et à la participation de la population au gouvernement
de la cité.
LE POUVOIR
Le pouvoir émanant du peuple et nul ne pouvant le prendre et
prétendre l' exercer sans recourir préalablement à
lui, l' UDPS condamne toute confiscation de pouvoir. L' UDPS veut promouvoir
la participation du peuple souverain au pouvoir qu' il délègue,
la garantie des libertés fondamentales et le pluralisme politique et
syndical afin de garantir une gestion saine de la chose publique et d' assurer
un contrôle efficace de l' exercice du pouvoir.
L' UDPS adhère au principe de séparation et de collaboration
des pouvoirs. Cette séparation des pouvoirs est la seule voie
susceptible de promouvoir des pratiques de pouvoir conformes au respect
du principe de la souveraineté du peuple et, par consequent,
d' écarter le risque d' instauration d' un pouvoir arbitraire, de
dictature ou de totalitarisme.
L' UNITÉ NATIONALE ET
LE FÉDÉRALISME
L' unité nationale acquise au prix du sang est sacrée. L' UDPS
s' engage à promouvoir, à protéger et à
défendre par tous les moyens celle-ci ainsi que l'
intégrité du territoire, dans le respect des
particularités et des spécificités régionales.
C' est une des raisons pour lesquelles, sur le plan des structures
étatiques, elle préconise l' instauration d' un
régime fédéral. Comme corollaire à ces principes,
l' UDPS rejette avec vigueur toute idée de sécession.
LE MODE DE PRODUCTION
L' UDPS entend promouvoir concurremment l' initiative publique et
privée en vue de réaliser le progrès social.
Toutefois, les secteurs stratégiques de l' économie nationale
seront du ressort exclusif de l' Etat.
LA SECURITE SOCIALE ET LA CULTURE
Sur le plan socio-économique, l' UDPS entend oeuvrer pour
l' amélioration du bien-être de l' homme et pour sa
sécurité sociale. Pour ce faire, elle vise à
promouvoir le développement et la croissance économique
qui, seuls, peuvent assurer le progrès social et promouvoir la culture.
LE PROGRES SOCIAL
Parcequ' elle s' engage à créer une société
harmonieuse dans laquelle chaque congolais pourra jouir des bienfaits du
progrès technique, l' UDPS mettra tout en oeuvre pour instaurer la
justice distributive, assurer une répartition équitable du
revenu national, afin de diminuer les inégalités sociales et
de promouvoir le progrès social.
LE SOLIDARISME
L' idéologie de l' UDPS est donc la proclamation des idées de
démocratie, de pluralisme politique et syndical, de non-violence, de
solidarité nationale et internationale.
Dans cette conception, la réalisation du bien-être social
postule une redistribution équitable du revenu national et une
réorganisation efficace de la solidarité.
Cette conception allie les principes de coopération et de
compétition tout en privilégiant la reciprocité
et la solidarité nationales. L idéologie de l' UDPS est
le solidarisme.
TITRE II: LA POLITIQUE INTÉRIEUR
I. LE PAYS
1. APPELATION
Pour des raisons d' ambition personnelle et aux fins de brouiller l' histoire,
la dictature de Kinshasa changea, en 1971, le nom de notre pays: le Congo
devint Zaïre. L' UDPS a choisi de revenir à la première
appelation de notre pays afin de restaurer cette mémoire collective
qui nous lie à nos ancêtres. Notre pays s' appellera
République Fédérale du Congo.
2. Le 30 Juin 1960
Le 30 Juin 1960, notre pays a accédé à
l indépendance. Beaucoup de ses enfants sont tombés avant
et après cette date pour lui assurer un avenir prospère et
paisible, dans la démocratie et le progrès social. Ce jour
symbolise la fin de l' asservissement et le retour à la liberté
pour notre peuple. En conséquence, l' UDPS marque d' une pierre
blanche la date du 30 Juin 1960. Celle-ci redeviendra la plus importante de
nos fêtes nationales et devra être commemorée avec les
honneurs qu' elle mérite.
3. LE DRAPEAU
En conséquence, le drapeau du pays est, pour l' UDPS, celui issu de
la constitution de 1964: fond bleu traversé en oblique par deux
bandes jaunes encadrant une bande rouge, et sur lequel est posée une
toile jaune.
4. L' HYMNE NATIONAL
De même, l' UDPS considére que l' hymne de notre pays doit
redevenir le Debout Congolais .
5. L' ORGANISATION TÉRRITORIALE
La propagande mobutiste tend à identifier fédéralisme
et séparatisme. Ce dernier stigmatisant l' idée du chacun
pour soi. L' UDPS combat énergiquement cette propagande qui
déforme la réalité.
Le fédéralisme est au contraire la structure de l' Etat plus
adaptée étant donné l' immensité du territoire
national, ses diversités sociales, culturelles et économiques.
C est la seule structure capable de promouvoir une administration et une
organisation efficaces du territoire et de l' économie nationale et
de mettre ainsi fin au centralisme hérité du régime
colonial et qui a favorisé la dictature dont nous souffrons depuis le
24/11/1965. Partisane de la stabilité politique, facteur du
progrès économique et social, l' UDPS prône l' instauration
d' un pouvoir exécutif et d' un pouvoir législatif tant
au plan national qu' au plan régional, ainsi que la
responsabilité individuelle et collective des gouvernants devant
le Parlement ou à l' Assemblée régionale.
6. ORGANISATION DES POUVOIRS
L' UDPS se prononce pour la séparation effective des pouvoirs
en législatif, exécutif et judiciaire.
Elle préconise l' instauration de deux chambres législatives
et d' un exécutif fort. Le Président de la République,
suprême arbitre, sera responsable devant le Parlement.
Les Etats fédérés auront aussi un Parlement et
un Gouvernement responsable devant ce Parlement.
II. LES LIBERTÉS FONDAMENTALES
L' UDPS s' engage à lutter pour la promotion, la protection et la
défence de toutes les libertés fondamentales, individuelles et
collectives et à veiller à leur exercice effectif.
Il en est ainsi de la liberté de la presse et de la liberté syndicale.
1. La radiodiffusion - télévision
Pour l' UDPS, la radiodiffusion - télévision doit être
dotée d' un statut juridique qui lui permette d' informer
objectivement la population et qui, en guise de garantie pour tous,
permette la participation à sa gestion de personnes
indépendantes au Gouvernement, notamment des représentants
de toutes les opinions politiques, philosophiques et des scientifiques.
Ledit statut devra également permettre de veiller à ce que,
dans aucune circonstance, cette information ne passe sous le contrôle,
de droit ou de fait, d' un groupement idéologique, politique,
philosophique ou financier. Il devra aussi mettre l' accent sur la
conscience des masses: information, formation,
connaissance de notre Pays et des problèmes du
sous-développement.
2. Liberté syndicale
La liberté syndicale est une garantie pour une défence
efficace des intérets professionnels. Le pluralisme syndical permet
à chacun d' adhérer à un syndicat
correspondant à ses convictions et dans lequel il pense mieux
pouvoir défendre ses droits.
En plus des syndicats des travailleurs, il faut promouvoir des syndicats
d' indépendants et d' agriculteurs.
III. LA JUSTICE
D' une part, l' UDPS s' engage à restaurer une justice
équitable et indépendante et à garantir
l' indépendance de la magistrature. D' autre part, elle s' emploiera
à combattre la corruption sous toutes ses formes. La
réhabilitation de la magistrature n' est réalisable que si
les magistrats et le personnel judiciaire sont à l' abri
des tentations.
IV. LA FONCTION PUBLIQUE
La Fonction Publique doit être organisée de manière
à mettre le Service Publique à la disposition de tous.
La gestion du personnel de l' État doit être assurée
par un seul ministre, celui de la Fonction Publique.
A la tête de ce ministère ne peuvent être placées
que des personnes dont l' integrité est sans faille. La Fonction
Publique devra être dotée d' un statut garantissant la
carrière et un barème de rémunération succeptible
de la revaloriser et la remoraliser.
La justice dans le système de promotion, l' instauration du
recrutement et d' avancement par concours devraient achever de
réhabiliter la Fonction Publique, de la purifier et de lui
restituer sa dignité d' antan. C' est de cette manière
qu' elle sera dépolitisée et détribalisée.
Les avantages accordés, ainsi que les nécessités de
moralisation de la Fonction Publique ont pour corrollaire la mise en
application des sanctions particulièrement sév res pour les
fonctionnaires. Une politique de formation permanente devra offrir
aux agents déjà en fonction des possibilités de
promotion et d' épanouissement et ameliorer la qualité des
services rendus à la population. La règleè
étant l' Administration au service de tous
les citoyens, l' UDPS entend en conséquence tout mettre en
oeuvre pour assurer la transparence dans le fonctionnement des appareils
de l' État, faciliter l' accession de la population aux
informations et aux services sociaux et la compréhension de la
mission des services publiques. A cet effet, l' UDPS suggère que
tout document administratif soit rédigé en
deux langues au moins: le Français et l' une des quatre langues
nationales parlées dans la region.
V. LES INSTITUTIONS TRADITIONNELLES
Nos villages constituent des noyaux de base de développement. C' est
pourquoi il est nécessaire qu' une stratégie d' ensemble,
cohérente et réaliste, soit tracée. Ces villages, qui
contiennent 80% de la population, vivent dans une autarcie, en marge de
la vie politique, économique, sociale du pays. Ils produisent
l' essentiel de ce que leur population consomme, et sont peu enclin à
la révolte. Ils sont donc un facteur important de la paix sociale.
Cette paix sociale pourrait permettre aux autorités
fédérales de les intégrer harmonieusement à
la vie de la nation, afin de les faire participer à la
gestion du pays. Sur le plan culturel, nos campagnes
constituent la terre où chacun
d' entre nous tire ses racines, à la fois musée, source de
nos valeurs propres et lit qui canalise nos actions de tous les jours.
C' est dire que ces villages méritent bien plus d' attention et
de respect. Les chefs coutumiers, qui règnent sur ces villages, ne
jouissent pas toujours de la considération à laquelle ils ont
pourtant droit. Ils sont l' objet de
chantages et de pressions qui aboutissent inévitablement à
leur honteuse exploitation. Le chef coutumier est l' objet de telles
sollicitations, accompagnées de menaces de déchéance,
qu' on est obligé de mettre toute l' économie du village
à contribution.
C 'est l' exploitation organisée des milieux ruraux par le pouvoir et
les entreprises capitalistes; d' où leur pauperisation.
De plus, l' accession au pouvoir coutumier a cessé d' être
légitimée par la tradition. Elle ne dépend plus que
du bon vouloir de l' autorité territoriale et de la
fidélité au régime en place. C' est souvent aussi
le plus offrant qui hérite du titre sacré, fut-il un
usurpateur. C' est la destruction du pouvoir traditionnel.
L' ascendance des chefs coutumiers sur les populations rurales est cependant
encore forte. Elle peut servir de point de départ pour l' organisation
des institutions plus stables. L' UDPS s' engage à militer en faveur
d' une loi cadre pour la rationnalisation des rapports entre les
institutions traditionnelles et l' administration publique, dans le
souci de mettre fin à l' exploitation des milieux ruraux et de
protéger leurs droits les plus élémentaires. Cette
loi cadre intégrera harmonieusement le pouvoir traditionnel et
le pouvoir étatique. Elle mettra ainsi fin àleur parallelisme
hérité de la colonisation et
si ruineuse pour la réalisation de l' unité territoriale et la
genèse de la conscience nationale.
VI. LES FORCES DE L ORDRE
L' UDPS considère que l' ordre et la sécurité publique
sont les conditions de l' exercice des libertés publiques, du
progrès et de la paix sociale. Les forces de l' ordre se
doivent d' être au service de la population et non contre elle.
Pour remplir leurs missions de défence de l' intégrité
territoriale et de maintien de l' ordre, les forces de l' ordre doivent
être mises a l' abri des luttes politiques. Pour
l' UDPS, elles doivent être le creuset où se forgent la
conscience nationale et le patriotisme.
Elles doivent constituer et se présenter comme un des facteurs
importants de cohésion nationale. La séparation des forces de
l' ordre en Armée, Gendarmerie et
Police est une nécessite. Elle permettra le plein accomplissement
de leur rôle.
TITRE III: ÉCONOMIE ET FINANCES
VII. LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE
1. L' État et l' économie
Qu' il s' agisse d' une économie de marché ou d' une
économie planifiée, le rôle de l' État
s' avère indispensable pour assurer la production, la satisfaction
des besoins et la réalisation du bien être social. Pour l' UDPS,
il faut donc promouvoir concurremment les entreprises publiques et
privées par tous les moyens compatibles avec le progrès
social, l' objet des préoccupations constantes du parti. Le secteur
public est le garant du bien commun. L' intervention est indispensable à
toute politique dynamique de développement notamment quand l' ampleur
des moyens nécessaires dépasse les ressources des
sociétés privées. D' autre part, il s' agit d' assurer
le controle de l' État, en veillant à ce que la liberté
individuelle ne compromette pas l' intéret général dont
l' État est dépositaire.
2. Le secteur public
Dès la naissance de l' État indépendant du Congo et
pendant l' existence de la colonie du Congo Belge, un secteur public
important a été créé et s' est developpé.
Après l' indépendance il s' est encore agrandi par
nationnalisation ou création d' entreprises nouvelles, intégrant
partiellement ou totalement les secteurs des mines, de l' énergie,
des transports, du crédit, des assurances. Il faut en outre y ajouter
les participations de l' État dans de nombreuses sociétés
privées.
Dès lors, l' UDPS considère que le
problème principal n' est pas celui d' une extention
du secteur public, mais celui d' une rigoureuse et honnete gestion, tant de
ce secteur que, plus généralement de l' économie,
notamment dans les domaines de la monnaie et des finances publiques.
L' UDPS entend créer des conditions optimales du fonctionnement des
entreprises publiques comprenant entre autre une adaptation de leur statut,
des moyens finaciers, techniques et humains à leurs missions,
l' introduction d' une gestion décentralisée et la
constitution d' un corps de gestionnaires formés spécialement
pour ce secteur.
3. Monopoles et concurrence
L' UDPS constate que la concurrence est un facteur indispensable à la
promotion d' une économie dynamique. Elle considère qu' une
libre concurrence bien respectée est bénéfique aux
consommateurs. Elle est génératrice des progrès
technologiques susceptibles d' apporter l' expantion de l' économie,
l' abondance, la diversité et une meilleur qualité de produits
et de services. Mais le controle permanent de l' État est
indispensable pour que le développement économique ne se
fasse pas au détriment des intérets des masses laborieuses. Le
monopole de l' État doit être maintenu pour des entreprises a
caractère stratégique.
4. Orientation de l' industrialisation
Les industries congolaises ne tournent pas à leur capacité
optimales, entrainant des coûts unitaires plus
élévés et privant, en parti, le pays du fruit des
efforts antérieurs d' investissement. L' UDPS entend militer pour
reéedier a cette situation, notamment par une politique
monétaire appropriée et une meilleur utilisation des devises
disponibles (politique d' approvisionnement).
5. L' Artisanat et la P.M.E.
La contribution des petites et moyennes entreprises (P.M.E.) A
l' économie nationale est nécessaire, notamment pour la
création d' emplois nouveaux, l' approvisionnement
des marches intérieurs et l' utilisation des matières
premières locales.
Par ailleurs, l' UDPS est consciente de ce que l' État congolais,
entrainé par la tradition coloniale, a tendance à
privilégier la grosse industrie d' extraction minière,
génératrice de devises. Elle estime qu' une telle politique
doit être infléchie. Il est temps de développer une
industrie nationale plus orientée vers les besoins locaux, qui fasse
davantage place à l' artisanat et aux petites et moyennes entreprises,
tenues par les nationaux et qui soit interssée à la
valorisation des matières premières locales.
En effet, l' UDPS considère que les ateliers et les petites
entreprises, par leur dynamisme et leur diversité, donnent une
certaine indépendance, ouvrent les possibilités de
concurrence et réussite en dehors des grandes entreprises
généralement dirigées par les étrangers,
et contribuent à enraciner l' entreprise dans tous les secteurs et
toutes les régions du pays; ils peuvent constituer un creuset
oû se forment des dirigeants non universitaires d' entreprises. Enfin,
ils peuvent être meilleurs utilisateurs des matières
premières locales et présenter aux consommateurs
des produits nationaux, susceptibles de concurrencer efficacement les produits
importés.
Dans cette optique, l' UDPS entend mettre en place et/ou développer
les structures institutionnelles favorables à l' artisanat et à
la P.M.E., dans les domaines de la formation, de la "consultance" et du
financement. De ce dernier point de vue, l' UDPS entend militer pour la
création d' un "fond de l'artisanat et de la P.M.E." destiné
à fournir aux artisants qui le mérite les moyens financiers
nécessaires à leur première installation ou au
développement de leurs efforts.
Dans la meme voie, l' UDPS entend mener une action publique d' information
et de presse pour que les banques commerciales orientent leurs crédits
vers ces producteurs. Elle est prête à étudier les
modalités nouvelles de garanties qui faciliteraient l' octroi de
ces crédits.
En outre, l' UDPS met à son programme l' organisation d' une campagne
de sensibilisation pour une meilleur connaissance et la consommation des
produits locaux. Elle concidère aussi que le meilleur exemple dans ce
domaine devrait venir des gouvernants eux-mÊmes et de la classe
émancipée en general. Elle veut démontrer
que la grandeur ne se trouve pas dans une consommation ostentatoire des biens
importés de l' occident, qui ruine le pays et hypothèque son
avenir mais plutôt dans la consommation de sa propre production.
6. La diversification régionale.
Au moment de l' indépendance, le développement
économique était fortement concentré dans deux regions:
le Katanga et la province de Léopoldville. Depuis
l' indépendance ce déséquilibre s'est accentué.
L' UDPS considere qu' une telle évolution non seulement est
défavorable à la grande majorité de la population, mais
compromet à long terme le développement de tout le pays. Il
faut aller au-delà de la politique un moment preconisée et
qui était axée sur trois poles de développement
(Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani) et viser à un développement
harmonieux de l' ensemble du territoire national.
L' UDPS pense qu' une industrialisation mieux conçue et faisant une
plus grande place aux petites entreprises pourrait davantage tirer partie
de la diversité des ressources naturelles du Congo (agricoles,
forestières, minières et autres) et créer
progressivement un tissu industriel favorable aux échanges
intra-régionaux et interressé. Une telle évolution peut
fournir des emplois non-agricoles aux jeunes des milieux ruraux et urbains de
l' intérieur du pays et constituer un frein à l' exode rural et
à l' hypertrophie de la capitale.
7. L' énergie
L' insuffisance de l' énergie constitue dans beaucoup de cas un
obstacle infranchissable au développement industriel des
régions du pays. L' UDPS entend donc engager ses
militants àcombattre ce goulot d' étranglement et mettre
tout en oeuvre pour diversifier les sources d' énergie.
a. Les sites hydrauliques
Le Congo étant un pays bien pourvu en matière des sites
hydrauliques, l' UDPS entend proposer un plan rationnel et méthodique
d' exploitation de ces potentialités.
b. L' exploitation du site d' Inga et de la ligne Inga-Shaba
Les investissements de la phase II du barrage d' Inga et de la ligne à
haute tensoin Inga-Shaba ayant été réalisés, les
charges considérables d' amortissement et d' entretien
qui en résultent pèseront lourdement sur l' économie
dans les années à venir. Il convient donc de prendre des
mesures plus efficaces pour en diminuer le poids. Dans cette optique, la
solution la plus rationnelle consiste à multiplier les utilisations
de l' énergie disponible à tous les niveaux: régional,
national et, si possible, international. Au niveau régional, les
possibilités d' utilisation au profit des populations
des régions traversées par la ligne Inga-Shaba devraient
rapidement être etudiées et mises en oeuvre pour que ces
investissements de prestige puissent être convertis
dans la direction du progres social. Il conviendrait d' étudier les
possibilités de création de nouvelles industries afin de rendre
rentables les investissements réalisés pour faire
face à la dette consentie autrement que par des ponctions dans
d' autres secteurs de l'activité économique. Enfin, au niveau
international, il conviendrait d' explorer les possibilités
d' écoulement dans d' autres pays de cette énorme énergie
gaspillée.
c. Le carburant
Les périodes de pénurie de carburant sont trop
fréquentes dans notre pays, avec leurs conséquences
désastreuses sur l' économie nationale déja
désorganisée et sur la vie sociale du pays. Une
spéculation organisée par ceux-la même qui sont
chargés de protéger les intérets supérieurs
de la nation a favorisé le développement des marchés
paralleles combien nocifs pour le peuple. Par ailleurs, un dynamisme plus
grand devrait caracteriser la prospection et la mise en exploitation
éventuelle des autres ressources du pays en hydrocarbure et en gaz
naturel. L' UDPS entend lutter pour une meilleur harmonisation des
intérets de la nation avec ceux des compagnies
exploitantes et des autres pays producteurs de petrole.
d. Le charbon de bois
Le bois étant une source d' énergie de consommation la plus
répandue sur l' ensemble du territoire national, l' UDPS entend lui
consacrer une attention particulière. Une gestion prévisionnelle
de nos forets et nos savanes boisées implique la promotion
d' une politique de reboisement systématique des forets
exploitées et des régions insuffisamment boisées,
à la fois pour sauvegarder ce patrimoine, lutter contre
l' érosion, fournir et garantir une source d' énergie la plus
accessibles aux générations futures.
e. L' énergie solaire
L' UDPS considère que, situé de part et d' autre de
l' équateur dans une zone tropicale et bénéficiant
d' une insolation suffisamment longue sur toutes ses régions et durant
toute l'année, le Congo devrait s' interesser aux efforts faits dans
le monde pour l' adoption des technologies de captation de l' énergie
solaire afin de les diffuser et de les vulgariser dans les milieux ruraux.
L' UDPS luttera pour que soit favorisée la création des
entreprises qui s' y consacreraient.
VIII. LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET
FINANCIÈRE
Le désordre monétaire qui sévit dans notre pays
actuellement est la conséquence de l'irresponsabilité des
gouvernements et du parti unique au pouvoir depuis 1965 .
L' UDPS mettra tout en oeuvre pour valoriser la monnaie nationale.
1. La Banque Nationale
Les économistes ainsi que les parlementaires de la législature
1977-1980 ont unanimement constaté que la Banque Nationale et son
gouverneur ne sont pas suffisamment indépendants: le Gouvernement et
plus particulièrement le chef de l' État ont une main-mise
absolue sur cette institution, l' empechant ainsi de jouer son role normal
dans l' orientation de l' économie nationale.
L' UDPS entend redonner toutes les attributions et pouvoirs à cette
institution capitale dans la régularisation de l' économie et
la révalorisation de l' image de notre système bancaire sur le
marché financier interne et international.
2. Les Banques Commerciales
Le caractère extraverti du système bancaire du pays a pour
conséquence que les choix dans la distribution du crédit
ne vont pas dans le sens de favoriser l' expansion de l' économie
nationale. En effet, ces banques résistent généralement
àfinancer le secteur de l' économie tenu par des nationaux.
Ceux-ci sont tenus à l' écart des capitaux des entreprises
dites du secteur moderne.
L' État doit tout mettre en oeuvre pour une reorientation et un
controle plus efficace de la circulation du crédit, de manière
à encourager l' initiative chez nos compatriotes et à
favoriser ainsi la création d' emplois nouveaux.
3. Les Grandes Entreprises Publiques
Les grandes entreprises publiques préfèrent souvent s'adresser
aux marchés exterieurs plutôt que de soutenir la production ou
la provoquer. Ce comportement extraverti s' explique notamment par
l' imitation des grandes entreprises étrangères
pour lesquelles la recherche du profit l' emporte sur les impératifs
du développement et surévaluation artificielle de la monnaie
nationale qui donne un avantage concurrentiel injustifié aux produits
importés.
4. Les intitutions financières non bancaires
La politique du régime en matière d' institutions
financières non bancaires a eu pour conséquence la perte
de confiance des épargnants. Leur rôle étant capital
dans le développement du pays, l' UDPS s' attachera a leur restituer
cette confiance en accordant à leurs clients une garantie de
l' État et en faisant assumer à ce dernier ses
responsabilités en cas de défaillance.
En resumé, l' UDPS considère que pour sortir le pays du
gouffre dans lequel l' a ainsi précipité la politique
incivique du M.P.R. et son chef, qui en a fait aujourd'hui une
véritable colonie des institutions financières et des
banques internationales, il est impératif de procéder à
une réforme profonde du systeme monétaire, financier et
bancaire, qui restitue à notre pays sa crédibilité,
dans l'intéret de l'économie nationale,
et qui puisse ainsi permettre d' honorer ses engagements financiers
exterieurs et de récuperer l' indépendance alienée.
L' UDPS reste convaincue que seul le pluralisme politique est de nature
à permettre une telle réforme, des pratiques saines dans la
gestion des finances publiques et de la monnaie et une orientation du
système bancaire vers le développement de l' économie
nationale.
IX. AGRICULTURE: L' AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE
La pénurie alimentaire dans les villes comme dans les campagnes et la
hausse vertigineuse des prix des produits agricoles pour les consommateurs
témoignent de l' échec de la politique agricole ou plutot
rendent compte de son absence. Il ne manque pourtant ni bonnes terres ni de
la main-d' oeuvre rurale, ni surtout de bonne volonté de la part des
populations.
Ce qui manque, par contre, c' est la volonté politique pour faire de
l' agriculture la véritable priorité des priorités et
mettre fin à l' humiliation que notre pays, qui compte
plus de deux millions de km2 de terre inexploitée et 26 million
d' habitants, doive dépendre de la charité internationale pour
se nourrir. C' est pourquoi, consciente de l' importance du secteur agricole
en tant que source de revenus pour les populations rurales et de produits
vivriers pour tous, l' UDPS propose les mesures suivantes pour
promouvoir l' augmentation de la production agricole, de l'
élévage et de la pêche.
1. Le financement de l' agriculture
L' agriculture constitue un secteur économique principalement tenu par
des nationaux. S' il n' a pas progressé, c' est notamment parcequ' il
n' a pas été suffisamment sollicité ni
par les institutions financières publiques, ni par les banques
privées. C' est pourquoi l' UDPS considère que la Banque
Nationale, les banques commerciales installées dans
notre pays ainsi que l' État doivent tout mettre en oeuvre pour
orienter le crédit vers la production agricole. Elle considère
que, outre la garantie de l' État, l' autre principale
garantie de ces crédits se trouve dans cette production agricole
elle-même.
L' UDPS entend donc militer pour la multiplication des institutions
financières du secteur agricole, susceptibles de rècolter
l' èpargne, de répondre aux besoins des agriculteurs et de
financer leurs projets.
Dans ce cas, l' UDPS considère que la coopération avec notre
pays devrait d' abord s' orienter vers le financement de l' agriculture
vivrière, afin de mettre fin à la pénurie
des denrées alimentaires.
2. Les associations des cultivateurs
La faiblesse des cultivateurs provient du fait que, travailleurs
indépendants, ils ne sont pas integrés dans des associations,
des sociétés ou des coopératives d' achat, de
vente et de crèdit. L' UDPS estime que les organisations
d' agriculteurs fortes et actives constituent la clé du
développement agricole et de l' émancipation du milieu rural.
Elle s' engage à militer pour encourager la constitution
d' organisations agricoles indépendants et à leur accorder son
soutien le plus total.
3. Le revenu des agriculteurs
La politique menée pendant des années au Congo a abouti
à sacrifier les intérets des masses rurales à ceux de
quelques catégories privilegiées alors qu' aucune politique
agricole ne pourra être efficace si elle n' assure pas une juste
rémunèration du travail des paysans. Ceux-ci doivent avoir
l' assurance de vendre leurs produits à des prix
rémunèrateurs et de pouvoir utiliser leur revenu pour se
procurer des produits manufacturés. Cela n' est possible que s' il
existe des circuits de commercialisation bien organisés pour l' achat
et la vente des produits agricoles, pour l' approvisionnement des villes et
des villages en produits agricoles et en biens de première
nécessité.
4.Les transports agricoles
En dehors des grands problèmes de transport par chemin de fer, par
route, par voie fluviale et aérienne qui font l' objet du chapitre sur
les transports, il se pose un grave problème de petits transports
ruraux, soit de la maison au champ et du champ à la maison, soit
sur le champ lui-même.
L' UDPS considère que pour résoudre ce problème,
l' industrie locale et les petits metiers urbains et ruraux devraient
être encouragés pour produire des véhicules qui utilisent
l' énergie humaine ou animale et des véhicules
motorisés pour les coopératives et les entreprises agricoles
familiales. La coopération avec les pays amis devrait s' orienter
dans cette direction.
5.La vulgarisation agricole
L'UDPS considère que l' État Fédéral et les
États fédéres ont le devoir de
mettre à la disposition des cultivateurs, comme des entrepreneurs
agricoles, des informations fiables sur l' état des sols et leurs
qualités, au lieu de les laisser agir par tatonnement et de gaspiller
ainsi l' énergie et les semences. Il faut un programme de
vulgarisation agricole dans lequel la radio et la télévision
rurales doivent permettre l' acquisition des connaissances agronomiques.
6.La formation du cultivateur
L' UDPS entend tout mettre en oeuvre pour assurer la formation des
agriculteurs. La création des écoles specialisées,
les stages de formation, les possibilités de recyclage et de voyages
d' étude à l' étranger sont à inscrire au
programme.
7.L'installation des exploitants agricoles
En plus des cultivateurs individuels et de la grande plantation, il est une
nécessité urgente de favoriser, par une politique consciente et
planifiée, l' installation des exploitants moyens ruraux. L' UDPS
considère que cette catégorie de citoyens connait la pratique
des techniques qui peuvent leur permettre de se convertir rapidement en
entrepreneur compétents s'ils recoivent l' encadrement necessaire.
L' UDPS affirme que dans le domaine de l' exploitation forestière,
des nationaux, exploitants individuels ou associés,
pourraient occuper le vide laissépar les exploitants étrangers.
L' État doit mettre tout en oeuvre pour faciliter l' installation
des exploitants agricoles individuels ou associés.
8. Les cultures industrielles
Les cultures d' exploitation: café, cacao, caoutchouc, theacute;e,
fruits et agrumes, font l' objet de préoccupations de l' UDPS
étant donné les besoins en devises du pays.
Elle souhaite ardemment qu' un inventaire des plantations existantes soit
dressé afin d' organiser leur relance.
9. L agro-industrie
L' UDPS considère que des garanties et avantages devraient être
accordés aux investisseurs qui s' orientent vers l' agro-industrie et
les industries alimentaires en gènèral.
10. L' élévage et la pêche
À ce sujet, l' UDPS constate que les grandes sociétés
d' élévage installées dans notre
pays n' ont pas effectué le transfert des technologies vers les
populations. Elle considère que ce manque devrait être
rapidement comblé pour que l' élévage du gros
bétail soit généralisé.
Il est du devoir de l' État de suppléer à
l' insuffisance de l' initiative privée, notamment en matière
d' installations frigorifiques qui doivent être implantées
dans tous les grands centres urbains afin de permettre leur approvisionnement
en viande et poisson frais.
11. L' artisanat et les petits metiers ruraux
Le développement rural est une tache è faces multiples dont
le but est l' amélioration du niveau de vie des habitants des milieux
ruraux grace à l' augmentation de leurs
revenus, l' aménagement de leur territoire, l' amélioration de
l' état de santé, de la
scolarisation et donc la satisfaction des nouveaux besoins
créés par la transition vers la société
industrielle.
C' est pourquoi l' UDPS entend lutter pour la promotion de l' artisanat et
des petits metiers destinés à fournir aux habitants des
milieux ruraux les services dont ils ont grand besoin pour améliorer
leur cadre de vie.
C' est ainsi également que les commerçants et les
coopératives installés dans les milieux ruraux en vue de
faciliter aux agriculteurs l' approvisionnement en biens
manufacturés, devront trouver une faveur auprès de l' UDPS.
Celle-ci considère en effet que le crédit et autres services
bancaires rendus a ce genre d' activités seraient d' une utilité
considérable pour le pays tout entier. L' État doit mettre
tout en oeuvre pour faciliter l' installation des artisants, des petits
metiers, des commerçants et des coopératives en milieu rural.
12. Création des sections d' enseignement agricole et de
développement rural
Pour réaliser des projets de développement rural, d' expansion
de la production agricole et des petits metiers ruraux, il faudra un personnel
adapté et formé pour vivre dans ces milieux comme agent de
développement rural. C' est pourquoi, en plus des Instituts
Supérieurs d' Enseignement Agricole (I.S.E.A.), l' UDPS militera pour
l' ouverture d' une section agricole et de développement dans les
Instituts Superieurs Pedagogiques (I.S.P.) en vue de la formation du
personnel de la vulgarisationagricole, la création des
coopératives, la propagation de l' hygiène, l' animation d' une
campagne en faveur de l' épargne rurale et la restructuration du
système de solidarité.
L' UDPS considère, d' autre part, que beaucoup d' études et
de technologies relatives à l' agriculture et
l' élévage du gros bétail ainsi que de la volaille,
faites par l' INEAC et d' autres instituts qui ont existé avant
l' indépendance, devraient etre mises en application pour
ameliorer la qualité de la production.
13. Les Banques Agricoles
L' expérience de vingt-trois ans d' indépendance montre que
les banques commerciales existantes hésitent a s' engager dans le
crédit agricole, surtout lorsque celui-ci est sollicité par
des nationaux. Mais les mêmes banques collectent l' épargne
des régions qu' elles font aspirer vers la capitale ou leurs
maisons-mères. Cette epargne ne profite ni à l' économie
de la région, ni aux hommes d' affaires de l' intérieur du
pays, ni aux agriculteurs qui sont obligés de recourir à
l' auto-financement. C' est pourquoi, considérant l' importance du
crédit à l' agriculture, l' UDPS s' engage à lutter
pour la création des banques agricoles afin de collecter
l' épargne des cultivateurs. Ces banques devraient être
créées aussi bien avec des capitaux des
agriculteurs, des secteurs privés et publics, que ceux des grandes
entreprises établies sur le territoire national,
particulièrement les entreprises minières.
X. LES VOIES DE COMMUNICATION
Le développement des voies de communication constitue un appui
indispensable au développement de l' intérieur du pays et
à son essor démocratique.
1. L' infrastructure routière
La première étappe, et la plus urgente, de l' action de l' UDPS
en matiére d' infrastructure routiére consistera en
l' entretien et l' amélioration de l' état
général du réseau routier existant,
de manière à le rendre plus praticable, moins dangereux et
moins destructeurs des véhicules.
L' UDPS considère qu' il est urgent que soit envisagée
la construction de grandes routes nationales, ayant pour objectif de relier
les différentes régions du pays, en plus des routes
d' intéret régional. Il faut réorganiser l' office
des routes de manière à réaliser cet objectif.
Il est impératif, dans le cadre d' un programme commun avec des pays
voisins, d' étudier les possibilités de développement
de liaisons routières entre le Congo et les principales villes de
ces pays.
L' UDPS recourra aux differents moyens existants pour r´aliser ce
programme: capitaux privés, publics, le marché international
des capitaux et les organisations internationales. Il n' est pas exclu que
des entreprises privées soient sollicitées pour
combler les déficiences des autorités publiques afin d' assurer
un développement plus rapide du réseau routier.
2. Les voies ferrées
Ce qui vaut pour l' infrastructure routière vaut, mutatis mutandis,
pour les voies ferrées. L' UDPS souhaite que l' ensemble de notre
réseau ferroviaire soit standardisé, modernisé et
même dedoublé sur certains tronçons où les
impératifs économiques l' exigent, de manière à
rendre plus économique et plus rapide la circulation des biens
et des personnes.
L' histoire récente du monde nous a prouvé combien il est
impératif de disposer d' un réseau ferré couvrant
la majeure partie du territoire national et reliant certaines de ses
régions avec celles des pays voisins. Dans ce domaine, l' UDPS
propose le recours à des appels d' offres internationaux. Les
grandes entreprises du pays, minières notamment,
les banques installées sur le territoire national, les hommes
d' affaires ainsi que l' État, devront être sollicités
pour contribuer à la réalisation du programme de
développement des voies ferrées.
3. Le transport fluvial
Les fleuves et rivières sont les voies de communication les plus
efficaces et les moins onéreuses. L' UDPS se propose d' encourager
l' exploitation des tronçons abandonnés et l' extention de
la navigation sur d' autres troncons navigables a travers le pays. Cela
implique non seulement le rebalisage de ces voies, mais aussi l' acquisition
et la mise en service des dragues afin de rendre la navigation aussi
aisée que possible partout.
L' UDPS entend aussi encourager tous efforts portant sur l' extention du
réseau fluvial national et la coopération avec les pays
voisins en cette matière.
4. Le transport aérien
Le monopole de l' État en matière d' aviation civile s' est
révéle inefficace par manque d' organisation et àcause
des abus de réquisition de la présidence de la république.
Non seulement les engagements ne sont pas tenus envers la compagnie, mais
celle-ci doit encore supporter la charge des dépences de l' État.
La mauvaise qualité des services de la compagnie nationale d' aviation
a eu pour conséquence que beaucoup de clients préferent
voyager sur les compagnies étrangères.
De plus, la sécurité des biens n' y est jamais assurée.
Les réclamations justifiées des clients sont sans suite et les
arrets judiciaires ne sont pas executés.
L' UDPS exige que la loi soit appliquée tant aux personnes morales
que physiques, l' État lui-même étant le premier à
donner l' exemple. Une discipline s' impose afin de
rehausser le prestige de la compagnie nationale. L' UDPS mettra tout en
oeuvre pour ameliorer les structures d' accueil de nos aéroports,
assurer la régularité et la ponctualité des horaires
et pour équiper ces aéroports des appareils necessaires
à la sécurité de la navigation aérienne.
Parti du progrès social, l' UDPS attribue une importance
particulière au secteur des transports parceque leur
développement entrainera la valorisation des régions et,
partant, le relèvement du niveau de vie des populations.
XI. LES POSTES ET TÉLÉCOMMUNICATIONS
Jadis une des principales sources des revenus de l' État, les PTT sont
devenues improductives à cause de la desorganisation du pays.
Pour rendre à ce secteur son efficacité, l' UDPS entend
orienter son action de la manière suivante:
- en ce qui concerne la distribution des colis et lettres dans les grandes
villes, une étude devrait permettre la connaissance des raisons de
sa déficience afin de la reorganiser;
- en ce qui concerne les TSF, le réseau doit être retabli et
étendu. Mais en plus, il devra être completé par un
réseau officiel de phonie de type motorola, afin que les
communications avec tous les centres du pays soient rapides et efficaces;
- en ce qui concerne le téléphone, le réseau des
stations terriennes doit être completé par un systeme de
téléphone de campagne qui permettra de relier les petites
localités de l' intérieur du pays;
- en ce qui concerne la fonction financière, les C.C.P. et le systeme
des mandats postaux doivent être retablis et étendus au
bénéfice de tous les centres du pays et ceux de
l' intérieur qui sont dépourvus d' agences de banques et
de caisses d' épargne.
L' UDPS entend tout mettre en oeuvre pour obtenir la modernisation des
postes et télécommunications de façon à rendre
des meilleurs services au pays.
XII. LE TOURISME
L' industrie touristique, dont le pays recèle d' énormes
potentialités, doit être organisée
d' une manière efficiente. Elle constitue non seulement une source
importante de devises, mais aussi un moyen de faire connaitre notre pays et
notre culture dans le concert des nations.
L' UDPS mettra tout en oeuvre pour simplifier les formalités
d' immigration et développer les structures d' accueil indispensables.
La mise en place d' une police moderne et disciplinée, la
reorganisation et la modernisation des réseaux de transport
et de télécommunication, l' éducation de la population
en matière d' hospitalité ainsi qu' une bonne campagne
d' information contribueront efficacement à la relance et au
développement du tourisme dans notre pays.
Mais le tourisme ne doit pas demeurer l' apanage des seuls étrangers
et des riches. Des efforts particuliers devront être deployés
pour le développement du tourisme populaire. Celui-ci offre
l' avantage supplémentaire que les nationaux connaitront
mieux leur propre pays et leurs concitoyens, ce qui peut constituer une
autre forme de lutte contre le tribalisme et contribuer à la
genèse de la conscience nationale. A cet egard, la coopération
des employeurs, des syndicats et des organismes de transport publics ou
privés, sera requise. L' UDPS considère en outre que ce
secteur est susceptible de générer de petites
industries locales et de revigorer l' artisanat et l' agriculture.
XIII. CONCLUSION
Comme la nature de la crise congolaise postule un changement structurel,
politique et économique, ce n' est que dans le cadre d' un pluralisme
politique qu' on peut tirer le pays de sa faillite et redonner au peuple
l' espoir de vivre.
TITRE IV: LE DOMAINE SOCIAL ET CUTUREL
XIV. LA JEUNESSE
La jeunesse est l' image de la société de demain. C' est
pourquoi elle est une préoccupation prioritaire du parti. L' UDPS
s' engage à redonner à la jeunesse l' espoir
de vivre et la foi dans l' avenir. Un effort doit être fait pour donner
à la jeunesse un esprit patriotique, le sens du devoir, de la justice
etde l' honneur. Les programmes de l' enseignement doivent être
repensés de manière que l' école soit le vehicule des
valeurs de la société et qu' elle puisse stimuler l' esprit
d' initiative.
L' UDPS entend combattre l' oisiveté des jeunes par une politique
de loisirs et d' encadrement: organisation des associations de jeunes,
terrains de sports, maisons de jeunesse, bibliothèques publiques,
émissions télévisées, etc.. L' UDPS entend lutter
contre les principales causes de la délinquance juvénile,
parmi lesquelles la dislocation des cellules familiales due à la
détérioration de la situation économique, le
relachement de la solidarité clanique, la paupérisation
croissante de la population.
L' État doit avoir comme devoir primordial de veiller à la
sauvegarde de la famille, cellule-mere de la société, comme
le recommandent les traditions africaines. Des centres de reéducation
et de formation professionnelle devraient être créés
pour l' encadrement de la jeunesse non scolarisée.
XV. LA FEMME
L' UDPS entend suisciter un grand débat parmi ses militantes et
militants, sur la place de la femme dans notre société. Ce
débat devra s' inspirer de quelques principes que
voici:
- faire de la femme une partenaire indispensable dans le processus
d' émancipation nationale, dans le respect de nos cultures et
traditions et compte tenu de l' évolution du monde.
- l' égalité des sexes dans toutes les activités
de la vie en société. L' UDPS engagera ses militantes et
militants à lutter pour le respect de la dignité de la
femme, notamment en revalorisant le travail menager et l' éducation
des enfants, en instaurant des programmes de formation pour femmes adultes
et en créant des écoles ménagères. Elle mettra
tout en oeuvre pour promouvoir une véritable émancipation
politique de la femme.
XVI. LA SANTÉ PUBLIQUE
La santé étant un des facteurs principaux de productivité
et de progrès social, l' UDPS en fait une de ses priorités.
Une étude approfondie devra être faite pour découvrir les
points saillants sur lesquels on devra consacrer les premiers efforts en
matière curative et prophilactique.
1. Aspect curatif
Étant donné la gravité de la situation, l' UDPS propose
l' instauration d' un plan d' urgence pour l' approvisionnement du pays en
produits pharmaceutiques et en materiel médico-chirurgical, la
restauration, le reéquipement et la remise en service du
plus grand nombre possible de centres de santé et établissements
hospitaliers.
À moyen terme, l' UDPS entend tout mettre en oeuvre pour la
multiplication des centres de santé et des établissements
hospitaliers sur toute l' étendue du territoire national, la
création d' équipes medicales mobiles pour apporter des soins
jusqu' aux coins les plus reculés du pays, pour garantir un
approvisionnement plus regulier en produits pharmaceutiques par la
reorganisation des circuits de distribution et la création des
industries pharmaceutiques.
L' accent sera également mis sur une formation des médecins et
auxiliaires médicaux et un reajustement sensible de leurs traitements.
Ce réajustement, ainsi que la garantie d' un paiement regulier,
devraient être de nature à susciter plus de vocation
dans ce secteur, à réduire au minimum l' exploitation des
populations, le trafic des médicaments et la corruption.
2. Aspect préventif
L' UDPS propose d' entreprendre une grande campagne d' éducation
sanitaire dans les milieux ruraux, urbains et scolaires. Le recours à
des moyens audio-visuels devra rendre cette campagne plus efficace. Il est
donc impératif de procéder, dans les plus
brefs delais, à la mise en place d' une infrastructure stable de
prévention sanitaire. En effet, la carence des services d' hygiene a
eu pour conséquence la réapparition des grandes endemies tels
que le choléra, la variole, etc.
Mais outre les carences en infrastructures sanitaires, la
malnutrition constitue aussi un terrain fertile pour
toutes sortes de maladies, étant donné
la faiblesse généralisée de l' organisme humain qu' elle
provoque. Convaincue que tant que le pays ne sera pas à mesure de
garantir la nourriture à ses populations, bon nombre de maladies ne
pourront pas être définitivement vaincues, l' UDPS entend donc
encourager les recherches en vue d' augmenter la production, d' ameliorer et
d' enrichir la qualité des produits alimentaires.
Une autre cause de maladie à laquelle toute politique
préventive se doit d' attaquer est le surpeuplement des centres
urbains, qui engendre les conditions d' hygiene précaires
étant donné l' absence ou le manque d' entretien des
égouts et canalisations. Il s' avère, d' autre part, necessaire
de pourvoir nos population en eau potable et en électricité.
Pour l' UDPS, la gratuité des soins medicaux, notamment pour les
populations rurales et pour certaines catégories les moins
favorisées de notre société, est un objectif
capital car l' assistance médicale aux populations est un devoir
auquel aucun État conscient de son rôle ne peut se soustraire.
XVII. L' HABITAT
Pour promouvoir le progrès social et l' épanouissement de
l' individu, l' UDPS entend lutter pour l' élaboration d' une
politique rationnelle de l' habitat. Cette politique comprendra entre autres
la reorganisation et la relance des organismes de crédit à
l' habitat, la construction des logements sociaux, la garantie de l' Etat
pour les entreprises de construction des logements sociaux.
Quand aux centres urbains et extra-coutumiers, l' UDPS se propose de les
reorganiser de manière à leur donner un cardre de vie
favorable à leur développement et ainsi
résoudre les inquiétants problèmes sociaux qui s' y
posent.
Une politique de développement doit viser la modernisation des
milieux ruraux de manière à donner aux paysans un cadre de vie
propice àsa fixation au sol. C' est de cette manière qu' on
mettra fin à l' exode rural. Le développement de l' agriculture
qui devrait en decouler entrainerait une augmentation du revenu national et
l' amelioration des conditions de vie des populations et donc le
progrès social, objectif final de l' UDPS.
XVIII. L' ÉDUCATION NATIONALE
L' école constitue un investissement pour la nation toute
entière. Par les cadres qu' elle forme, elle fait
bénéficier le pays du bien fait de la science et des
techniques et joue un grand rôle dans le développement. Elle
est aussi un appareil d' intégration sociale,
car elle transmet et propage les valeurs sociales et culturelles. Elle est
également un instrument de valorisation individuelle. Elle est enfin
un moyen de cohésion nationale, car elle réunit des
personnes d' origine, de classes sociales et et de régions
differentes.
1. Un enseignement fondamentalement congolais
Un enseignement réellement national doit inculquer à nos jeunes
l' esprit civique, le sens du devoir, de responsabilité envers la
patrie, de la solidarité entre citoyens, de tolérance, de
respect d' autrui, et l' esprit de sacrifice pour le triomphe de
l' intéret général. L' UDPS met également
l' accent sur l' éducation politique des jeunes et la formation de
la conscience nationale afin que les rennes de pouvoir passent toujours
dans les bonnes mains. L' UDPS entend donner à tous les jeunes
les mêmes chances devant la vie. Pour ce faire, elle propose que
l' instruction soit obligatoire et gratuite au moins pour l' école
primaire.
L' UDPS entend aussi revaloriser et encourager la création
d' établissements d' enseignement technique et professionnel dans
toutes les régions du pays. Elle préconise, en outre, la
création d' une université et de plusieurs instituts
d' enseignement supérieur dans chaque région.
L' UDPS considère d' autre part que des cours de formation
générale et professionnelle pour adultes devront être
organisés dans toutes les régions du pays.
La décolonisation de l' enseignement requiert la production au pays
des manuels scolaires élaborés par des pédagogues
nationaux et illustrés de spécificités nationales
ainsi que l' élaboration des programmes scolaires qui s' inspirent
des valeurs traditionnelles congolaises.
2. Les enseignants
L' UDPS entend revaloriser la profession d' enseignant.
Elle mettra tout en oeuvre pour ameliorer les conditions de travail des
enseignants en mettant à leur disposition du materiel didactique de
valeur. Un programme devra être élaboré pour le
recyclage des instituteurs. Ce programme devra comprendre des
cours, des stages, des colloques dans le pays et à l' étranger,
des possibilités de mise en disponibilité en vue d' une
formation plus spécialisée, etc...
Le niveau des salaires et des avantages sociaux devra être suffisant
pour stabiliser la fonction d' enseignant et susciter de l' intéret
pour la profession.
3. L' école oeucuménique
Par souci de rationalisation, l' UDPS s' engage à instaurer un systeme
d' écoles oeucuméniques. Il est en effet anti-économique
de créer dans une même localité plusieurs
établissements d' enseignement pour pour des raisons confessionnelles
et de solliciter des subventions de l' État.
L' UDPS affirme qu' en plus du fait qu il permettra beaucoup
d' économie et d' efficacité par le regroupement des
enseignants de valeur, l' emploi des mêmes batiments,
l' équipement pédagogique et technique, le systeme
d' école oeucuménique pourrait contribuer à la
création de l' esprit de tolérance religieuse et philosophique
chez les jeunes et donc promouvoir la conscience nationale et la
démocratie.
L' État devra collaborer avec toutes les Églises nationales,
les associations religieuses et philantropiques dans l' élaboration
et l' application d' un programme d' éducation susceptible de
réaliser cet objectif.
4. Les bourses d' études
L' UDPS entend batir sa politique sociale sur la tradition bantoue de la
solidarité qui est plus qu' un droit, obligation ou justice. Elle
constate que cette tradition est non seulement conservée, mais aussi
effectivement vécue jusqu' à ce jour dans les
sociétés traditionnelles. C' est ainsi, à titre
d' exemple, qu' en matière de financement
des études, c' est autant la solidarité clanique que la famille
restreinte qui sont intervenues dans la formation de l' actuel élite.
Conformement à son idéologie, le solidarisme, l' UDPS
s' engage à élever cette pratique au niveau national. C' est
ainsi qu' elle déclare devoir militer pour la création d' un fond
de bourse d' études alimenté par des contributions de
l' État fédéral, des États
fédérés, des entreprises établies sur le
territoire national ainsi que par le remboursement total
ou partiel, de tous ceux qui ont fait des études supérieures
aux frais de l' État.
XIX. LES MASSES LABORIEUSES
Le travail est source de bonheur pour tous. L' avenir du pays dépend
de l' ardeur au travail et de la qualité de celui-ci. La tendance
générale enregistrée au cours de ces
dernières décades, accuse une nette regression et un
relachement inquiétant de l' effort productif. La nation est en peril.
Parmi les causes de cette regression de la productivité, citons le
relachement de la discipline, la baisse du niveau de
l' enseignement due notamment à des interventions intempestives du
pouvoir dans le fonctionnement des établissements d' enseignement,
à la corruption, à l' engagement
des personnes sans qualification pour des raisons d' ordre politique ou
tribal, à l' absence d' une politique salariale susceptible de
stimuler l' enthousiasme au travail, à la fuite des cerveaux...
L' UDPS se propose de lutter pour la valorisation du travail en mettant chaque
personne à sa place, en instaurant une politique salariale susceptible
de favoriser le progrès social et en développant
l' enseignement professionnel et la formation sur le tas. Elle s' engage
à revaloriser le travail manuel. Le travail agricole sera
organisé de manière que l' agriculture puisse prendre sa place
dans le développement national. Sa modernisation et l' organisation
des cooperatives d' achat et de vente le rendront plus productif et
permettront le relevement du niveau de vie des populations rurales.
L' UDPS propose l' instauration d' un plan permettant la création
d' emplois, notamment la promotion des petites et moyennes entreprises et
l' accroissement des investissements publics, surtout dans les
régions.
L' UDPS envisage un traitement de faveur pour ceux de nos
cadres moyens, techniques et specialistes qui s' installent à
l' intérieur du pays. L' État a l' obligation de
donner tous les moyens à ces agents de développement qui
méritent tous les égards de la nation. Cette politique aura
pour conséquence logique le desengorgement des centres urbains et
l' arret de l' exode rural.
L' UDPS constate d' autre part que certaines catégories de citoyens
sont regroupés dans des organisations en vue de contribuer au
développement du pays. Celles-ci ne sont ni sollicitées ni
encouragées. C' est notamment le cas des associations
professionnelles ou philantropiques dont on ne peut mettre en doute ni la
compétence, ni le dévouement ou l' integrité morale.
Tout en respectant leur organisation interne et leur autonomie, l' UDPS
entend faire appel à leur patriotisme et à leur dynamisme en
vue de prendre part activement dans le combat pour le développement
socio-économique et culturel du pays. Cette participation est
davantage souhaitée dans les milieux ruraux.
XX. LA PROMOTION CULTURELLE
La culture est la spécificité de la société
humaine. Elle imprègne et oriente tous les
comportements de l' homme. Au contact de l' occident, la
société traditionnelle s' est acculturée. Nous n' avons
plus de penseurs, nos maitres à penser se trouvant en
occident. Nous appliquons à nos problèmes des solutions qu' ils
préconisent pour leurs propres problèmes. Nous en connaissons
le résultat: un fiasco...
L' UDPS entend favoriser la renaissance culturelle dans notre pays pour
redonner l' équilibre è la société et lui
permettre d' allier la tradition à la modernité.
L' UDPS préconise donc une mobilisation consciente de nos valeurs
culturelles. Cette mobilisation se fera notamment par la création
d' un fond destiné à encourager les jeunes artistes et
l' organisation des coopératives chargées du
développement de la production et de l' écoulement des
produits artistiques.
L' UDPS met également à son programme la création
d' un organisme public chargé de fournir l' équipement et
l' assistance financière à nos artistes. La
télévision nationale devra jouer un rôle important
dans la diffusion et la promotion de la culture de notre
pays. Nos ambassades et agences de tourisme à l' étranger
seront chargées de faire connaitre nos valeurs culturelles dans
le monde.
XXI. LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
La recherche scientifique étant la base des découvertes et
de progrès technologiques, l' UDPS mettra tout en oeuvre pour
qu' un budget important y soit affecté et pour que les recherches
aient un statut leur permettant d' assumer leurs responsabilités.
L' UDPS propose d' élaborer une politique de la recherche scientifique
incluant les instituts de recherche et la recherche universitaire pour
mettre fin à la dispersion de l' effort dans ce domaine.
TITRE VI: LA POLITIQUE EXTÉRIEURE
L' UDPS proclame sa fidélité à la charte des Nations
Unies et de l' O.U.A. et à ladéclaration universelle de droit
de l' homme.
XXII. NEUTRALISME POLITIQUE ET LE BON VOISINAGE
L' UDPS prone le neutralisme positif. Elle entend favoriser pacifiquement
l' instauration des intitutions démocratiques en Afrique et dans
le monde. L' UDPS est partisane de la politique du bon voisinage. À
ce titre, elle entend encourager et développer les relations de
coopération et d' amitié avec tous les pays
voisins. Elle condamne l' immixtion dans les affaires intérieures
des autres États.
Comme la plupart des Éétats d' Afrique connaissent des
régimes dictatoriaux, l' UDPS mettra tout en oeuvre pour que le Congo
soit une terre d' accueil pour toutes les personnes poursuivies pour des
délits d' opinion dans leur pays.
L' UDPS appuie tous les efforts des organisations nationales et
internationales de protection et de défence des Droits de l' Homme
parmi lesquels Amnisty International
et la fédération internationale des Droits de l' Homme.
XXIII. LES RELATIONS NORD-SUD ET SUD-NORD
L' UDPS est consciente de la necessité d' un dialogue Nord-Sud en vue
de la recherche d' un nouvel équilibre mondial tant au point de
vue politique qu' économique. L' UDPS veut favoriser les
échanges entre pays et régions de l' hémisphere sud dans
les domaines culturels, politiques, sociaux et économiques. Elle
s' engage à soutenir les organisations qui oeuvrent dans ces domaines.
1. La coopération bilatérale
Pour l' UDPS, les principes qui doivent guider la coopération de notre
pays avec des pays étrangers sont ceux du respect mutuel des
souverainetés, de complémentarité et de
reciprocité. De ce fait, la coopération aura pour but de
réaliser des priorités ou objectifs librement définis
par les partenaires et au sujet desquels un accord global aura
été conclu. Ces priorités seront constituées par
des projets agricoles ou industriels, réclamant une assistance
limitée dans le temps de manière à ne pas hypothequer la
posterité.
L' UDPS est favorable au développement des joint-ventures au niveau
des petites et moyennes entreprises dans la mesure ou celles-ci contribuent
à la vulgarisation des techniques et à un apport de
technologie et permettent à des compatriotes de
bénéficier d' une expérience professionnelle.
L' UDPS ne peut encourager qu' une coopération bilatérale
qui contribue au développement de la vie économique et au
relèvement du niveau de vie des populations.
2. Les relations avec la Belgique
L' UDPS constate que les liens historiques unissent notre pays à la
Belgique et des intérets économiques très importants
sont en jeu. Il convient donc d' en tenir compte dans le processus de
changement qui s' opère au Congo.
L' UDPS n' entend nullement remettre en cause les relations entre la
Belgique et le Congo-Kinshasa, mais elle se propose de les reorganiser dans
l' intéret bien compris de deux pays. Les coopérants belges
chez nous doivent être des personnes ouvertes aux contacts humains et
au dialogue,des personnes qui aiment notre pays et respectent nos
populations, nos traditions et nos lois.
L' UDPS s' engage à promouvoir le même esprit chez les
Congolais à l' égard des Belges. Ce n' est que par ce contact
de culture que les relations entre les deux peuples reposeront sur des bases
solides.
3. Les organisations non-gouvernementales (ONG)
L' UDPS apportera le soutien le plus total aux organisations
non-gouvernementales qui font preuve de solidarité en accordant
une aide sans conditions humiliantes aux organisations qui luttent conter
les dictatures et l' exploitation des masses laborieuses.
Elle s' engage à leur faciliter au maximum la tâche et propose
que notre pays, de par sa position géographique, deviennent un grand
centre de coordination des activités des ONG pour l' Afrque.
XXIV. L' ORGANISATION DE L' UNITÉ AFRICAINE (OUA)
L' UDPS constate que l' Organisation de l' Unité Africaine (OUA)
risque de décevoir les espoirs qui étaient places en elle.
L' OUA a tendance à devenir progressivement un syndicat des Chefs
d' État préoccupes par la pérennité de leur
pouvoir et non une force morale, politique et économique pour
défendre les intérets de l' Afrique indépendante.
L' UDPS soutiendra toute démarche tendant à empécher que
l' OUA ne devienne le champ de bataille des superpuissances par Africains
interposés.
XXV. LE NON-ALLIGNEMENT
Pour l' UDPS, le Congo-Kinshasa doit reaffirmer sans ambiguité son
attachement à la politique du non-alignement.
Il sera tiers-mondiste et votera, dans les intances internationales, toutes
résolutions appuyant l' auto-détermination des peuples,
contre l' Apartheid, les ingérences étrangeres et la course
aux armements.
---- FIN DU TEXTE
La rédaction remercie
Mr. Louis Mundadi T., Secrétaire de la JUDPS Toronto, pour
la saisie du présent texte.
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Société]
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